Prix Condorcet-Dessaulles 2014

Remise du Prix Condorcet D-01

Remise du prix Condorcet-Dessaulles 2014
(Ici pour aller directement à l’allocution présentée par Mme Louise Mailloux sur son blog.)

Allocution de la présidente, Mme Lucie Jobin :

Madame Louise Mailloux, chers invités,

Le Mouvement laïque québécois souhaite honorer cette année madame Louise Mailloux, professeure de philosophie, auteure et polémiste qui a publié plusieurs ouvrages importants dont les deux derniers «La laïcité ça s’impose» que Lise Payette a qualifié de livre essentiel et Pierre Foglia l’a comparé à une bible tel un brûlot dans l’ensemble du débat. Son dernier ouvrage « Une charte pour le nation» est une synthèse magistrale qui confronte les trois fronts de résistance au pojet de charte du PQ : le multiculturalisme, l’islamisme et l’interreligieux.

Louise Mailloux écrit régulièrement des chroniques dans l’Autr’ Journal, elle a aussi collaboré au Dictionnaire de la laïcité et à l’ouvrage «Le Québec en quête de laïcité» en 2011.

Par son engagement politique et ses nombreux textes et interventions en faveur de la laïcité au cours des dernières années qui lui ont valu une poursuite baîllon par les opposants à la laïcité, le MLQ salue l’importante contribution de Louise Mailloux à la promotion de la laïcité et de la liberté de conscience.

Le Prix Condorcet-Dessaulles a été institué par le Mouvement laïque québécois en 1993 pour souligner la contribution marquante d’une personne ou d’un groupe de personnes à la promotion et à la défense de la laïcité au Québec.

Nicolas de Condorcet (1743-17940), rappelons-le, était un grand philosophe politique et économiste, mathématicien et homme politique français, il s’engagea activement dans la lutte pour le respect des droits humains, prit la défense de la liberté de conscience, du droit de vote pour les femmes, de la liberté de presse, du droit pour tout citoyen d’exercer la religion de son choix ou de n’en exercer aucune, pour la séparation de la religion et de l’État, pour la répartition égalitaire des richesses. Condorcet est ainsi considéré à juste titre comme le penseur de la laïcité moderne et de la démocratie républicaine.

Dans le Québec du XIXe siècle, Louis-Antoine Dessaulles, (1819-1895) essayiste et homme politique, neveu de Louis-Joseph Papineau et membre de l’Institut canadien de Montréal, mena un combat inspiré du même idéal, en faveur de la liberté de pensée. Il affrontait le cléricalisme ultramontain qui prétendait alors constituer le pouvoir ecclésiastique en véritable État dans l’État. Son action et son oeuvre font de lui un fils spirituel de Condorcet en terre québécoise.

Avant de passer la parole à Daniel Baril qui vous parlera de Louise Mailloux. je veux souligner les salutations de M. Guy Rocher, Rodrigue Tremblay, Caroline Beauchamp anciens lauréats du prix qui ne peuvent être présents aujourd’hui;  je salue ici Yvan Lamonde, Daniel Baril, Patrick Audy vice-président du SFPQ et responsable du dossier laïcité ainsi que Paul Bégin récipiendaires du prix Condorcet-Dessaulles au cours des dernières années. Mesdame Carole Poirier et Julie-Maude Notmandin, attachée politique de Bernard Drainviile se sont jointes à nous pour féliciter madame Mailloux.

 

Lucie Jobin, présidente du MLQ

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 Présentation de Louise Mailloux

Lors de la remise du prix Condorcet-Dessaulles, l’an passé, on a surtout parlé de Louis-Antoine Dessaulles qui était journaliste et historien. C’était normal puisque l’hommage allait à Yvan Lamonde qui est historien.

Cette année, l’hommage va à une philosophe et donc, sans ironie, je vais m’appuyer sur le marquis de Condorcet pour dire que Louise Mailloux est de ces femmes qui font progresser l’histoire et qui y travaillent avec ardeur. En  transformant un peu les mots du marquis, et malgré leur petit air 18e siècle, voici les dernières phrases de son Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain.

[Ah] combien ce tableau de l’espèce humaine [arrachée aux] ennemis de son progrès, et marchant d’un pas ferme et sûr dans la route de la vérité, [combien ce tableau] présente à la philosophe un spectacle qui la console des erreurs et des injustices dont la terre est encore souillée, et dont elle est [si] souvent la victime ! C’est dans la contemplation de ce tableau qu’elle reçoit le prix de ses efforts pour les progrès de la raison, pour la défense de la liberté. […] Cette contemplation est un asile où […] elle existe véritablement avec ses semblables, dans un Élysée que sa raison a su se créer, et que son amour pour l’humanité embellit des plus pures jouissances.

Ces plus pures jouissances, ce sont des centaines de pages de livres, d’articles, de blogues, de conférences et de débats que Louise n’a cessé de mener. Condorcet insiste sur l’importance de l’imprimerie dans les progrès de l’esprit humain, mais il signale aussi les difficultés et les mascarades auxquelles se sont adonnés ceux qui étaient menés par la peur des persécutions plutôt que par la recherche du vrai. Nous ne sommes plus au 18e siècle, mais nous savons que ces deux attitudes existent encore : d’une part, soumission à la facilité des idées reçues et, d’autre part la lutte pour le progrès de l’esprit humain. Le mot avant-garde est un peu usé pour parler de personnes comme Louise Mailloux, je dirai plutôt qu’elle est un des fers de lance de la laïcité.

Ses livres, ses articles, ne sont pas de simples exposés de ce qui serait le mieux, ils sont des critiques acérés et précises.

Je ne peux m’empêcher de mentionner une chose qu’elle m’a apprise et que j’aurais dû savoir puisque je suis prof de philo comme elle, mais … bon. Je n’ai découvert qu’en la lisant que des philosophes respectables auxquels on se réfère pour parler de tolérance, des gens comme Thomas More, John Locke surtout avec sa Lettre sur la tolérance, mais aussi Voltaire et jusqu’à Platon qui considèrent tous l’athéisme comme une menace et un danger. Cela pourrait-il vouloir dire qu’ils approuveraient aujourd’hui les persécutions d’athées au Pakistan et en Arabie saoudite ? Il y a de quoi frémir et se méfier des philosophes.

Heureusement, les mises en garde de ces philosophes ne sont pas écoutées au Québec, du moins pas de nos jours. Louise raconte justement en quelques pages le passage que le Québec a vécu de la domination catholique à la lente laïcisation. Elle trouve des raisons de se réjouir, mais elle doit maintenant souffrir la montée de l’intégrisme musulman (avec sa volonté d’instaurer des tribunaux de la charia). Cette montée vient ralentir, sinon bloquer la séparation du politique et du religieux ainsi que la libération des femmes que notre sortie du catholicisme avait fortement lancée. Depuis ce blocage, nous sommes pris dans la «caravane du pluralisme». C’est comme si la religion que nous avions plus ou moins chassée revient sous une multitude de formes pour contester la laïcité, écrit Louise Mailloux. On nous refait catholique comme si, sans religion, nous devenions «une menace et un danger». Pour nous sauver, le jésuite Julien Harvey emprunte au père Verdin, un dominicain français, la laïcité ouverte, une laïcité en gomme balloune où chacun peut se retrouver dans sa bulle et ainsi éviter la laïcité trop dure, la laïcité en béton, dogmatique, doctrinaire, en deux mots, la laïcité française.

Ce que visait le jésuite Harvey, c’était un stratagème pour garder le catholicisme dans des écoles que l’on s’apprêtait à déconfessionnaliser. Ses disciples y sont parvenus en inventant les cours d’Éthique et de Culture religieuse. Ce cours où les enfants «apprennent» qu’il y a un «autre monde» et qu’ils sont immortels… Pour les adultes on invente l’interculturalisme (ouvert, inclusif, pluraliste, alouette) qui sert surtout à permettre le port de signes religieux partout et à l’école surtout, pour aller avec les cours d’ÉCR.

Tout ce fardeau religieux, Louise le montre bien, repose sur les épaules des femmes. Et pour peser encore plus, ce sont de supposées féministes de la Fédération des Femmes du Québec et de Québec solidaire qui insistent pour que soient maintenus tous les signes religieux de soumission.

Louise écrit : «Les religions n’ont jamais accepté que la laïcité les confine à l’espace privé, pas plus qu’elles n’ont accepté l’émancipation des femmes. De sorte que la résurgence et la persistance du religieux dans nos sociétés doivent être comprises comme une tentative politique pour les religions de vouloir contester la laïcité, reconquérir l’espace public et contrer la révolution féministe.» Cette reconquête, elle se fait sur le ton de l’intégrisme. Il ne s’agit plus, nous fait-elle remarquer, de se soumettre à quelques pratiques religieuses, il s’agit de les imposer à tout le monde. Quand le cardinal Ouellet part en guerre contre l’avortement, c’est pour faire changer la loi et non pour l’interdire seulement aux femmes catholiques. De même, de façon aussi évidente, Tariq Ramadan propose de ne pas respecter les lois du pays lorsqu’elles contredisent celles de la religion musulmane.

Nous avons pu croire, au Québec, que c’était fini cette histoire de religion, qu’il ne restait que quelques petits points pour l’achever. Louis Mailloux nous fait voir que non seulement la laïcité n’est pas achevée, mais elle est grandement menacée. La FFQ, QS et tous les Inclusifs de ce monde tiennent la porte ouverte pour que s’infiltre dans les institutions d’État toutes les religions plus colorées les unes que les autres. On les masque sous le mot culture pour pouvoir parler d’interculturalisme mais il n’y a pas à se tromper, l’islam politique comme le multiculturalisme sont anti-laïques et religieux,  sinon favorables aux religions.

Il y a bien sûr aussi les Évangélistes contre lesquels les islamistes mènent une guerre meurtrière dans les pays musulmans. Partout ailleurs ils prolifèrent et, au Canada, ils ont sûrement beaucoup à voir avec l’opposition canadienne à la laïcité et ils influencent de toute évidence l’aide internationale canadienne.

Voilà, c’est ça «l’affaire personnelle qu’est la religion», comme le disent Charles Taylor et ses disciples.

Quel Dieu l’emportera entre celui des Évangélistes et celui des islamistes ? Déjà l’an passé, Louise pouvait répertorier différents attentats perpétrer par des Canadiens convertis à l’islam. L’actualité récente nous en fournit d’autres. Toujours une «affaire personnelle» n’est-ce pas, et qui n’a rien à voir avec la religion n’est-ce pas.

Cela n’empêche pas que la majorité des musulmans sont des citoyens pacifiques, il faut avec Louise y insister. Mais l’énumération des organisations intégristes et potentiellement terroristes, présentes au Canada, que nous fournit le recueil d’articles Une Charte pour la nation incite tout de même à une certaine prudence, sinon à une certaine méfiance. Le Congrès musulman canadien lui-même reçoit des menaces de mort pour sa trop grande modération. Tout ceci incite surtout à tenter d’ouvrir les yeux de ceux pour qui il n’y a là qu’une affaire de paranoïaque. J’aime bien la blague qui dit que ce n’est pas parce qu’on est paranoïaque qu’on a pas d’ennemi.

Ces intégristes, qui voudraient voir disparaître les chrétiens de leur pays d’origine, sont ici des partisans de la laïcité ouverte et de farouches combattants de l’islamophobie. Ils ont trouvé ici des alliés parmi des politiciens et des universitaires à l’esprit largement ouvert, trop ouvert. En fait, cette ouverture a pour revers la volonté islamiste d’interdire toute critique de la religion. Et chez leurs alliés universitaires, on entend de plus en plus souvent ces appels au respect aussitôt que l’on dit que les religions sont de la marmelade. L’Organisation de la Coopération islamique a demandé aux Nations Unies d’adopter des lois pour contrer la haine religieuse, plus précisément pour criminaliser le blasphème.

Je raconte tout ceci en quelques minutes mais Louise Mailloux y travaille depuis plus de dix ans. Une Charte, elle en proposait déjà une avec le Collectif citoyen pour l’égalité et la laïcité. Tout son dernier recueil s’intitule Une Charte pour la nation. La laïcité, un projet d’avenir. Au cours du débat sur le projet de loi sur la Charte de valeurs, elle n’a pas eu de difficulté à identifier tous les propos hargneux et le flot d’insultes derrières lesquels multiculturalistes et islamistes se rallient. Ces gens-là ne peuvent supporter de voir un peuple qui se redécouvre une fierté, constate Louise Mailloux.

Et maintenant, c’est elle qu’on attaque dans le  jihad juridique. Je termine en vous encourageant à visiter le site de Louise Mailloux,

www.soutenonslouisemailloux.org  où vous pourrez faire un don pour contribuer à sa défense.

 

Merci Louise

Bernard La Rivière membre du Conseil national du MLQ

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Allocution de Mme Louise Mailloux :

 

Je suis très honorée de recevoir ce prix Condorcet-Dessaulles et je tiens à remercier bien sincèrement le Mouvement Laïque Québécois d’avoir pensé à moi pour cette distinction si prestigieuse.

Lorsqu’ils ont appris la nouvelle, plusieurs m’ont dit: «Louise, ce prix ne pouvait pas mieux tomber!». En effet, avec tout ce qui m’est tombé dessus depuis les dernières élections, je peux dire que cette reconnaissance par mes pairs est la seule chose qui tombe en montant et c’est avec une grande fierté que j’accepte ce prix qui est en quelque sorte la «coupe Stanley» des militants laïques québécois.

Cette exigence laïque, issue des Lumières, réside au coeur de notre histoire, depuis les Patriotes qui déjà réclamaient la séparation de l’Église et de l’État, en passant par les intellectuels libéraux de l’Institut canadien dont Louis-Antoine Dessaulles fut une figure de proue par sa résistance face au clergé et sa lutte contre la censure. Trois siècles plus tard, nous en sommes toujours à nous battre pour la laïcité comme quoi les religions n’acceptent pas et n’accepteront jamais d’être écartées du pouvoir politique pour lequel elles semblent avoir une attirance toute naturelle.

Malgré le fait que nous ayons complété, il y a à peine neuf ans, la laïcisation de nos écoles publiques, un des bastions les plus inébranlables de la présence du religieux dans l’État et que nous pensions alors que le plus difficile des combats étaient derrière nous, nous constatons aujourd’hui que le Québec subit des assauts et des reculs inquiétants en matière de laïcité alors que nous assistons à une offensive anti-laïque sans précédent, avec des acteurs nouveaux, provenant souvent de l’immigration, des acteurs pour lesquels ils se créent des solidarités inattendues qui redéfinissent les enjeux et posent de nouveaux défis pour la défense de la laïcité. Si on veut que notre combat ait un sens et un maximum d’efficacité, il importe de bien analyser le rôle de l’islam ici même au Québec pour comprendre comment celui-ci contribue à modifier le paysage politique.

Je vous propose donc de revenir sur un sujet que bien des gens préfèrent ne plus aborder; la fameuse Charte des valeurs du PQ. Bien que la laïcité ne peut se résumer à ce projet, il n’en demeure pas moins que ce dernier contenait politiquement deux éléments majeurs que je qualifierais de «dynamite» et qui en a fait d’ailleurs exploser plusieurs.

Le premier élément est que par ce projet de loi, le gouvernement affirmait sa légitimité politique en matière de laïcité au lieu de demeurer à la remorque des chartes et des juges et qu’il a osé défier ce que l’on appelle la judiciarisation du politique qui vise l’affaiblissement d’un gouvernement national. Premier péché mortel.

Deuxième élément; le voile islamique. À part le projet de loi 94 portant sur le niqab et mort au feuilleton, de toute notre histoire laïque, c’était la première fois qu’une proposition pour la laïcité s’adressait à une religion qui n’était pas la nôtre, une religion minoritaire et pas n’importe laquelle; l’islam pour qui la laïcité est une hérésie.

Bien sûr on dira que la proposition voulant interdire le port de signes religieux ostentatoires s’adressait à toutes les religions mais n’eût été que des crucifix pendus au cou, nous savons très bien que cette proposition n’aurait jamais vue le jour. Deuxième péché mortel.

L’importance du voile islamique a, dès le départ, occulté toutes les autres propositions de la Charte et c’est principalement autour de celui-ci que toute la controverse et tous les enjeux se sont cristallisés. Pourquoi?

Parce que le voile est un signe politique qui opère comme un procédé de marketing en rendant l’islam visible et présent dans tous les lieux publics et que porté par les employées de l’État, il sert aussi à contester la laïcité de nos institutions publiques et à remettre en question leur culture laïque.

La critique de l’islam n’est pas chose facile parce qu’il nous prive de la zone habituel de confort que nous avons lorsqu’il s’agit de critiquer les chrétiens par exemple et qu’il jouit d’une protection que ces derniers n’auront jamais au Québec. Celle d’incarner «l’Autre», l’altérité et de réclamer au nom de l’ouverture à l’autre, l’ouverture au voile et à l’islam.

Pourquoi croyez-vous que le combat laïque face aux catholiques faisait l’unanimité dans les syndicats, la gauche, les féministes et tous les progressistes alors que ce même combat, au nom des mêmes principes devient soudainement face à l’islam du racisme et de la xénophobie?

L’islam est porté par la puissante idéologie du multiculturalisme et il sert même de cheval de bataille à tous les fédéralistes du Québec qui instrumentalisent cette religion (c’est la seule qu’ils défendent d’ailleurs) pour nous imposer le multiculturalisme et son corollaire, la neutralisation d’une culture nationale.

Aujourd’hui au Québec, l’islam constitue le fer de lance de l’offensive anti-laïque. C’est pourquoi toutes les autres religions se rangent derrière elle parce que cet islam dispose d’un alibi d’une redoutable efficacité dont sont privées les autres religions et c’est celui de faire passer les militants laïques pour des racistes, des islamophobes ou des identitaires d’extrême-droite. Aucune autre religion au Québec n’a le pouvoir de produire un tel effet réfrigérant.

Ce qui donne à l’islam un statut privilégié et fait qu’il jouit d’une immunité à toute épreuve. Pour toutes les autres religions, l’islam représente le maillot jaune en tête de peloton du Tour de France parce qu’il incarne le plus grand espoir de pouvoir faire reculer la laïcité au Québec en ramenant le religieux dans nos institutions publiques.

C’est pourquoi les catholiques de gauche que nous retrouvons dans les départements de sciences religieuses de nos universités, à Québec Solidaire, à la Fédération des Femmes du Québec et à la Ligue des droits et libertés défendent tous l’islam et sa pub sexiste, le voile. C’est aussi pourquoi dans ce grand débat autour de la Charte des valeurs, toutes les religions ont mis de côté leur rivalité congénitale pour se liguer derrière le voile islamique et déferler dans les rues de Montréal pour manifester contre la Charte raciste des péquistes.

L’islam pose de nouveaux défis à la laïcité au Québec et le plus difficile est sans contredit celui d’empêcher les islamistes d’imposer la charia. Quand on voit comme on l’a vu cette semaine des musulmans, assis aux côtés du Premier Ministre, prétendant représenter la communauté musulmane, alors qu’ils ont tous milité activement contre la Charte des valeurs et que certains d’entre eux fréquentent des gens qui militent pour imposer la charia au Québec, il y a de quoi être inquiète pour l’avenir de la laïcité au Québec.

Un autre aspect inédit et inquiétant dans le combat pour la laïcité est la judiciarisation des débats publics où des musulmans bien appuyés par certains avocats fédéralistes amènent abusivement devant les tribunaux des militants laïques en les accusant de diffamation, dans le but de les faire taire, d’en faire des exemples et de faire taire tous les autres.

Je pense à Djemila Benhabib dont le combat contre l’intégrisme est connu de tous et qui est poursuivie par une école musulmane, je pense aussi à Philippe Magnan, le blogueur de Poste de veille qui cartographie les réseaux islamistes, également poursuivi. Permettez-moi de saluer leur courage, leur droiture et leur ténacité.

L’islam a redessiné le paysage politique et fait prendre au combat laïque une autre dimension. Il devient plus complexe, plus sensible et déconcerte par ses nouveaux opposants. Une certaine gauche, bon nombre de féministes, de syndicalistes et de progressistes s’opposent maintenant à la laïcité. Sans compter la rectitude politique qui empoisonne et étouffe la critique de la classe médiatique et rend frileux l’ensemble de nos politiciens. Tout ceci ne peut que profiter aux intégristes pour faire avancer leur agenda politique.

Si nous poursuivons ainsi, nous allons tout droit vers la catastrophe. Et ce sera d’abord les femmes qui écoperont et surtout les femmes musulmanes. Puis en regardant les choses à plus long terme, c’est carrément l’avenir du Québec qui est en jeu.

Contrairement à ce que certains politiciens prétendent, la laïcité est toujours d’actualité. Elle n’est pas derrière nous mais devant nous et sa défense est plus que nécessaire. Faire autrement serait faire preuve d’une grave inconscience.

Nous les laïques nous devons redoubler d’ardeur, nous consulter, nous solidariser et nous appuyer mutuellement. Nous devons également continuer d’éduquer la société civile.

Chers amis, je tiens à vous remercier bien chaleureusement d’être venus ici aujourd’hui pour me témoigner votre appui. Et soyez assurés que je ferai l’impossible pour être à la hauteur des idéaux de Condorcet et de Dessaulles qui ont consacré leur vie à la défense de la laïcité.

 

Louise Mailloux, philosophe.

Votre réponse à “Prix Condorcet-Dessaulles 2014”

  1. Mouvement laïque québécois » Bulletin L@ïcité dit:

    20 Jan, 15 a 20 h 07 min

    […] Le MLQ a décerné le prix Condorcet-Dessaulles 2014 à Louise Mailloux. On peut lire les allocutions présentées à cette occasion et cette mention dans La […]


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