Remise du prix humaniste au MLQ

Prix humaniste 2015

Prix humaniste 1

Le Mouvement laïque québécois a reçu, conjointement avec M. Alain Simoneau, le Prix humaniste 2015 décerné par la Fondation humaniste du Québec et l’Association humaniste du Québec. Ce prix, d’une valeur de 5000$, a été décerné pour la victoire obtenue en Cour suprême du Canada contre les récitations de prières dans les assemblées municipales. La remise du prix a eu lieu le 17 juin dernier. De gauche à droite sur la photo, Claude Braun, membre du conseil d’administration de l’Association humaniste, Lucie Jobin, présidente du MLQ, Alain Simoneau, plaignant contre la ville de Saguenay, et Sarto Blouin, président de la Fondation humaniste.

Allocution de Sarto Blouin, président de la Fondation humaniste du Québec (FHQ)

La Fondation humaniste du Québec (FHQ) et l’Association humaniste du Québec (AHQ) attribuent le Prix humaniste 2015 à Alain Simoneau et au Mouvement laïque québécois.

Le Prix humaniste est assorti d’une bourse de 5000$ et récompense des personnes ou des organismes qui s’illustrent dans la promotion des valeurs humanistes et de la pensée critique au Québec. La laïcité de l’état est considérée par les humanistes comme une valeur fondamentale reposant sur la liberté de conscience et est un impératif démocratique. M. Alain Simoneau et le Mouvement laïque québécois ont obtenu que la Cour suprême du Canada établisse qu’« en raison de l’obligation qu’il a de protéger la liberté de conscience et de religion de chacun, l’État ne peut utiliser ses pouvoirs d’une manière qui favoriserait la participation de certains croyants ou incroyants à la vie publique au détriment des autres. […]  Si, sous le couvert d’une réalité culturelle, historique ou patrimoniale, l’État adhère à une forme d’expression religieuse, il ne respecte pas son obligation de neutralité » (Extrait du jugement de la Cour suprême du Canada).

Fondée en 2005, l’AHQ a pour mission de donner une voix à l’humanisme séculier et à l’incroyance et promouvoir la pensée critique. La FHQ, créé en 2004, vise quant à elle à recueillir des fonds afin de de promouvoir les valeurs humanistes et l’esprit critique au Québec. En 2010, la FHQ ouvrait le Centre humaniste du Québec, au 1225, boulevard St-Joseph Est à Montréal, pour y tenir des évènements en lien avec cette mission.

Sarto Blouin, président

 

plaque prix humaniste

 

Discours de la présidente du MLQ, Mme Lucie Jobin

Mesdames messieurs membres de la Fondation humaniste du Québec et de l’Association humaniste du Québec
Messieurs les présidents

Nous avons  accueilli ce jugement avec une profonde satisfaction à l’instar de monsieur Alain Simoneau, résidant de Saguenay et nous tenons à remercier notre  procureur Me Luc Alarie qui a travaillé sans relâche depuis  2007 dans cette cause.
Le premier motif de cette plainte visait à défendre la laïcité de l’État et des institutions publiques,  Nous sommes très satisfait de voir que le plus haut tribunal du pays a conclu que la récitation de cette prière était discriminatoire et nous sommes tous aussi fiers d’avoir mené cette lutte jusqu’au bout.  Les 9 juges ont statué que la récitation de la prière lors des assemblées municipales violent la liberté de conscience de citoyens et est ainsi contraire à la Charte des droits et libertés.
Pour la Cour, « le fait d’empêcher le conseil municipal de réciter la prière n’équivaut pas à faire triompher l’athéisme et l’agnosticisme. Il existe une distinction entre l’incroyance et la neutralité réelle. » Permettre aux citoyens de quitter la salle lors de la prière ne fait qu’« exacerber la discrimination », ajoute la cour.
Le  MLQ, se réjouit pour sa part de voir que le préambule de la constitution canadienne reconnaissant la suprématie de Dieu ne peut en aucun cas être utilisé à l’encontre de l’obligation de neutralité de l’État ni servir à limiter l’exercice du droit à la liberté de conscience. « Nous avons demandé au ministre des Affaires municipales, M. Pierre Moreau, de faire respecter ce jugement dans toutes les municipalités où la prière est encore récitée.
Deux paragraphes de ce jugement  ont retenu notre attention;
L’État ne doit pas s’ingérer dans le domaine de la religion et des croyances. L’État doit plutôt demeurer neutre à cet égard, ce qui exige qu’il ne favorise ni ne défavorise aucune croyance pas plus que l’incroyance.
Sur le patrimoine  et les symboles religieux, les juges font cette remarque : Si, sous le couvert d’une réalité culturelle, historique ou patrimoniale, l’État adhère à une forme d’expression religieuse, il ne respecte pas son obligation de neutralité.
Comme vous pouvez le constater, ce jugement nous fournit des arguments pour poursuivre notre  combat pour le retrait du crucifix à l’Assemblée nationale et réclamer le retrait du volet «Culture religieuse» du cours Éthique et culture religieuse (ECR) enseigné à tous les élèves québécois.

La prière dans les conseils municipaux

Ce n’est pas d’aujourd’hui que le MLQ mène cette bataille :
Nous sommes engagés dans cette lutte depuis 2000.
Nous avons appuyé cinq plaintes adressées à la Commission de droits de la personne et des droits de la jeunesse concernant la récitation de la prière dans les conseils municipaux. La CDPDJ a donné gain de cause aux plaignants dans tous les cas  (Outremont-Laval-Verdun-Trois-Rivière et Saguenay) déclarant qu’une telle pratique était discriminatoire en vertu des articles 3 et 10 de la charte des droits de la personne.
En 2000, suite à une plainte d’un citoyen à Outremont, la municipalité a décidé de remplacer la récitation de la prière par une courte période de recueillement
Jugée acceptable par la commission, le compromis a été accepté par plusieurs autres municipalités et a fait l’objet de recommandation par l’union des municipalités du Québec.
À Laval, en 2004, la décision rendue par la Commission des droits de la personne n’a pas été respectée par le maire Vaillancourt qui a dû se présenter devant le Tribunal de droits de la personne.  Après un fastidieux processus qui a duré 5 ans et a coûté plus de 240 000$ à Ville de Laval en frais d’avocat, le Tribunal a rendu un jugement en faveur de la plaignante en 2008. Le MLQ a d’ailleurs rendu hommage au courage et à la détermination de Danielle Payette ) en lui attribuant le prix Condorcet-Dessaulles 2008.
Et en 2008, à Saguenay, le maire Tremblay faisant fi du jugement du Tribunal des droits de la personne a décidé de passer outre la décision rendue par la CDPDJ en faveur du plaignant M. Alain Simoneau. La cause a été entendue en mars 2009. Le Tribunal des droits a une fois de plus donné raison au MLQ et au plaignant, cependant le maire Tremblay a porté la décision en Cour d’appel. Cette dernière a donné raison au maire Tremblay en mai 2013. Et nous nous sommes présentés devant la Cour suprême qui à l’unanimité des 9 juges en avril dernier a donné raison au MLQ et a accueilli la plainte de M. Alain Simoneau.

Alors la SAGA de Saguenay s’est conclue avec succès et nous sommes très honorés de recevoir le prix humaniste 2015 et de le partager avec M. Simoneau car nous avons réussi à faire valoir les valeurs humanistes et la pensée critique telle la liberté de conscience et faire reconnaître la réelle séparation des Églises et des religions.

Lucie Jobin, présidente du MLQ
Juin 2015

les 5 Prix humaniste

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